Cicéron Angledroit

Auteur de romans policiers (mais rigolos quand même)

Cicéron Angledroit

Auteur de romans policiers (mais rigolos quand même)

Cicé quoi ?

dsc09892Cicéron, un drôle de nom pour un drôle de personnage. Borderline, pas fou de boulot, peu sensible à la réussite c’est le nez en l’air qu’il parcourt la banlieue où j’ai décidé de le faire évoluer. Jusqu’à ce qu’il vole de ses propres ailes. Il est tellement ancré dans son décor que, souvent, c’est lui qui me surprend. Au début j’avais imaginé trouver un nom intelligent pour mon « héros », Francky Malone, Dirk Di Falco, enfin un truc comme tous mes potes de la profession. Vous voyez l’genre ! Et pis j’ai pas trouvé. Tout était déjà pris. Alors, pour ne pas me freiner dans mes ardeurs d’écrivaillon, j’ai démarré mon récit en collant, comme blaze à mon détective, ce qui me passait par la tête. Cicéron Angledroit ! Vous parlez d’un calembour, vous ! Digne de l’Almanach Vermot. Tant pis je le changerai après. Mais ce salaud ne m’a pas lâché, il s’est incrusté, imposé et je m’y suis attaché. Tout le monde s’y attache. Au mépris de mes bonnes résolutions de créer un personnage sérieux et crédible, je lui ai donné sa chance. À la fin de « Sois zen et tue-le » je l’ai titularisé. C’est comme ça ! Plus possible de me passer de lui ni de ses potes, René et Momo, pour lesquels j’ai été moins imaginatif.

L’univers de Cicé

Pour que Cicéron fonctionne il lui faut de la diversité, une certaine forme d’anonymat, des gens ordinaires, des faits divers. Du peuple, quoi. La banlieue – ma banlieue, celle que je connais depuis toujours, celle qui me cache – s’est donc imposée d’elle-même. Longtemps, il y a longtemps nimporte-ou-_-en-levant-le-nez-japercois-mon-cielmaintenant, j’ai travaillé à Vitry, dans le 94, à un jet de pierre d’Ivry où je suis né. Et, ne me demandez pas pourquoi, j’ai aimé cette banlieue, cette période. Même si maintenant ça a beaucoup changé, j’aime m’y retrouver. Les racines peut-être. Parfaite illustration du melting pot qui règne au-delà du périf, avec ses quartiers qui n’ont pas bougé depuis les années soixante et ses zones complètement contemporaines, Vitry est une terre de contraste où se croisent le plus pire et le moins pire (le meilleur est parti plus loin). C’est donc naturellement le terrain idéal pour faire brouter mes bonshommes. La nationale 7, si justement chantée par Charles Trenet, est un peu la colonne vertébrale du territoire où je situe mes actions. Mais Cicé n’est pas un routard. C’est pas SAS. Il quitte parfois le Val de Marne pour l’Essonne (Brigitte vit à Athis, alors forcément). Rarement beaucoup plus loin. Il serait perdu.

Les potes

Sans René, sans Momo, il n’y aurait pas de Cicéron. Pas d’enquêtes. Rien. Ces deux-là sont son moteur. C’est pas pour rien que sa première vraie affaire a commencé par leur rencontre. Des mecs forts simples et très ordinaires, pour qui sait observer la population locale. Rien d’héroïque, les filles ne se retournent pas sur eux, mais du bon sens, de la bonne volonté et une fidélité sans bornes. Et Saint Antoine, Théophile Saint chap-20-twenty-lhotel-de-la-gare-cest-la-que-jhabite-momoAntoine, le commissaire principal du coin sans lequel rien n’existerait, comment le définir ? Sorte de pendant légal aux dérives du détective, caution et assurance-vie de la fine équipe et, surtout, pourvoyeur d’affaires toujours louches où il ne tient pas à mettre les pieds.

Les nanas

Sans elles, pas de Cicéron. Sa raison de vivre, ses boussoles. Sans elles il y a longtemps qu’il se serait pendu au réverbère qui éclaire d’une lumière jaunâtre l’entrée de la cour de son immeuble. Je ne vous en dis pas plus .