Cicéron Angledroit

Auteur de romans policiers (mais rigolos quand même)

Cicéron Angledroit

Auteur de romans policiers (mais rigolos quand même)

De Claude à Cicé…

dsc01868On me demande souvent (oui… parfois… et alors ?) comment j’écris, si j’ai des rituels. En réalité je n’ai pas vraiment de rituels. Plus ça va, plus j’arrive à écrire un peu n’importe où. Mais toujours pas dans n’importe quelles conditions. Je préfère, et de loin, mon bureau bordélique et mon vieux clavier. Avant j’écrivais le soir. Mais avant je travaillais. Maintenant, c’est très bizarre, j’écris le matin et/ou le soir mais avec deux approches complètement différentes. Au début d’un nouveau livre, il me faut une idée, une situation, un fil sur lequel tirer. Ensuite je laisse faire mes personnages. J’essaye d’écrire souvent mais je n’écris que rarement longtemps. Je suis vite épuisé par l’exercice qui me fait complètement perdre la notion du temps, du réel. Pas de plan. Cicéron, le personnage, ne sait jamais ce qu’il fera le lendemain et moi non plus. Je le laisse vivre. Deux approches donc :

Le matin, je me réveille tout les jours assez tôt. Alors je me contrains à traîner un peu avant de me lever complètement. Je divague, un peu comme quand on cherche le sommeil, et très vite je me retrouve dans mon petit monde virtuel. Là, j’attends et souvent (pas tout le temps) des idées, des « bons mots », des situations commencent à envahir ma tête.  Ça ne dure jamais très longtemps et je dois me lever pour vite tout noter (surtout les « bons mots » de mes personnages que j’oublie aussi sec sinon). Debout je gribouille sur mon bloc (photo). Parfois une ligne, une réplique, parfois carrément le plan d’un chapitre à venir. Et pas toujours celui qui devrait suivre le dernier écrit. Après je laisse le papier reposer et je vaque (petit déjeuner, douche). Quand j’ai complètement repris mes esprits je me colle devant mon clavier (photo) et je commence en utilisant mes notes. Elles me servent surtout de canevas car je m’en écarte souvent et très vite je deviens le spectateur des scènes que j’écris.

Le soir, c’est différent. Je me pose devant l’ordi et j’attends que les idées viennent en direct-live… ou pas.  Il me faut plus de temps pour quitter la réalité et m’isoler dans mon monde. Si ça ne vient pas, je file à la télé. Il fera jour demain. Si ça vient, ça évite, comme le matin, la prise de notes. C’est du direct. J’écris une heure ou deux et perd un peu pied (il m’arrive à 23 heures de penser qu’il va bientôt être midi et de me demander ce que je vais bien pouvoir me faire à manger).

dsc01869Mais matin ou soir je suis en complète immersion. Les idées me viennent et me surprennent. Je ne me fixe pas d’objectifs. Parfois c’est un mini chapitre d’une demi-page, quand j’ai besoin de faire une transition, de me recentrer. Parfois c’est cinq pages d’affilées (rarement plus). Mon inquiétude permanente est de me demander où l’histoire va me mener. Ma peur est qu’elle ne se boucle pas ou qu’elle soit ennuyeuse (comme la vraie vie parfois). Mais est-ce si important ? La balade vaut bien quelques impasses. Mes personnages existent tous, je les croise partout. Dans les bistros où j’aime bien prendre des cafés, regarder et écouter. En faisant mes courses. En « stalkant » (de stalker, un mot anglais qui veut dire fureteur, rôdeur, chasseur furtif), activité qui me prend beaucoup de temps(1). Surtout si j’ai mon appareil-photo en main.

Voilà, en ce moment je suis sur le septième Cicé et je ne m’y ennuie pas. Tout à l’heure (dans la soirée) ou demain matin j’y retourne. Belle journée !

(1) Je vous conseille d’ailleurs fortement la lecture de « Stalker : pique-nique au bord du chemin » d’Arkadi et Boris Strougatski, qui a fortement modifié ma façon de voir les choses. Cicé doit beaucoup, dans mon esprit à Redrick, le personnage de ce livre et moi aussi, un peu. Mais c’est un autre histoire et c’était il y a longtemps…